Chasse, thermique et braconnage: la réponse d’Alexandre Van Robais à l’OFB

L’usage des caméras et lunettes thermiques dans le monde de la chasse continue de susciter débats et crispations. Après les propos d’Olivier Thibault sur les risques liés au contrôle des agents et au braconnage, Alexandre Van Robais, directeur de la société Rivolier, a souhaité apporter un droit de réponse. Pour lui, le débat mérite d’être recentré sur les faits, la réglementation et les usages réels du thermique en France comme en Europe.

Une opposition historique de l’OFB à l’outil thermique

Dès l’apparition des dispositifs thermiques dans l’univers cynégétique, l’Office français de la biodiversité (OFB) aurait exprimé des réserves. Selon Alexandre Van Robais, l’organisme aurait notamment freiné certaines initiatives, estimant que ces outils pouvaient servir à observer les agents en contrôle plutôt que la faune sauvage. Pour le dirigeant de Rivolier, cette crainte repose sur une interprétation discutable de l’usage réel du matériel. « Le thermique est avant tout un outil d’observation », insiste-t-il. À ses yeux, la technologie ne doit pas être réduite à un hypothétique détournement d’usage.

Le thermique, une révolution dans l’observation

Sur le plan technique, Alexandre Van Robais évoque une évolution « sans précédent ». L’imagerie thermique moderne permettrait une lecture plus fine du terrain, une meilleure détection des animaux et une analyse plus sereine des situations, notamment par rapport aux anciennes solutions numériques jugées « bas de gamme ». À l’échelle mondiale, la progression serait fulgurante. Pour les chasseurs, cet outil améliorerait la connaissance du territoire, le repérage des espèces présentes et, indirectement, la qualité des comptages. Autrement dit, le thermique participerait à une meilleure gestion cynégétique. Il distingue clairement deux usages : l’observation et le tir. Selon lui, les critiques formulées par Olivier Thibault viseraient principalement la seconde dimension.

Tir avec une thermique : une pratique strictement encadrée

Alexandre Van Robais tient à préciser un point central : son entreprise n’a jamais milité pour un usage généralisé du tir à la thermique. « Cela doit être encadré », affirme-t-il. En France, l’autorisation reste très limitée. Seuls certains départements permettent le recours à ces dispositifs dans un cadre précis, notamment pour la chasse de nuit. La réglementation prévoit déjà des sanctions lourdes en cas d’infraction : verbalisation, saisie du matériel, voire immobilisation du véhicule. Pour le directeur de Rivolier, le cadre légal est suffisamment dissuasif. Celui qui enfreint la loi prend un risque majeur. Le débat ne devrait donc pas porter sur l’outil en lui-même, mais sur le respect de la réglementation.

Braconnage : un faux débat ?

L’un des arguments avancés par Olivier Thibault concerne la difficulté accrue, pour les agents, de distinguer un chasseur en règle d’un braconnier équipé de thermique. Alexandre Van Robais répond sur deux points: D’abord, la capacité d’observation fonctionne dans les deux sens. Si un particulier peut détecter une présence à distance, les forces de contrôle peuvent également s’équiper d’outils thermiques performants pour améliorer leur surveillance. Ensuite, il rappelle que l’accès au matériel ne s’arrête pas aux frontières. Un individu déterminé à braconner pourra toujours se procurer un dispositif à l’étranger, que ce soit en Allemagne, en Italie, en Espagne ou en Pologne, pays où les règles seraient, selon lui, plus permissives. Dans cette logique, interdire ou restreindre davantage la vente en France ne ferait pas disparaître le phénomène du braconnage. Le véritable enjeu relèverait davantage du contrôle, de la formation et de l’éducation des chasseurs.

Louvetiers et régulation : un outil au service de l’intérêt général

Autre argument avancé : l’utilité du thermique dans les missions de régulation. Alexandre Van Robais souligne que de nombreux lieutenants de louveterie utilisent déjà ces dispositifs, notamment pour la gestion du loup ou la régulation du sanglier. Dans ces contextes, l’identification précise de l’animal est primordiale. L’imagerie thermique de dernière génération offre une définition suffisamment fine pour distinguer clairement un loup d’un chien errant, ou identifier des animaux même à très longue distance. Pour lui, l’outil contribue à sécuriser l’action plutôt qu’à la rendre incontrôlable.

Sanglier et prolifération : le vrai sujet ?

Au-delà du débat technologique, Alexandre Van Robais estime que la question centrale reste celle de la prolifération du sanglier. La régulation nocturne constitue un levier important dans certains territoires confrontés à d’importants dégâts agricoles. Dans ce contexte, le thermique serait un moyen d’améliorer l’efficacité des opérations tout en limitant les erreurs d’identification. Il conteste l’idée selon laquelle l’autorisation partielle du thermique créerait une situation « incontrôlable ». Selon lui, l’expérience actuelle dans les départements concernés ne démontre pas de dérive systémique.

Une évolution inévitable des pratiques

Pour Alexandre Van Robais, le thermique s’inscrit dans une évolution technologique globale, comparable à d’autres innovations qui ont transformé les pratiques cynégétiques au fil des décennies. Il rappelle que l’outil a d’abord été mobilisé dans le cadre de problématiques spécifiques, notamment liées au suivi du loup. Son déploiement progressif répondrait à des besoins opérationnels concrets. La question posée aujourd’hui ne serait donc pas celle de l’existence du thermique, mais de son encadrement, de son usage responsable et de l’équilibre entre efficacité, sécurité et respect de la réglementation. Au fond, conclut-il, l’outil ne fait pas le braconnier. C’est l’intention qui crée l’infraction. La technologie, elle, continue d’évoluer, qu’on le veuille ou non.

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Rédacteur en chef, SoChasse

Une réponse à “Chasse, thermique et braconnage: la réponse d’Alexandre Van Robais à l’OFB”

  1. bernaud

    je pense que les braconniers n’ont pas attendu pour s’equiper ils braconnaient bien avant
    le thermique est a mon avis un outil en plus mis dans la caisse a outils de notre President ainsi que le piégage des sangliers ne soyons pas frileux essayons ……..
    l’OFB ne reconnait pas l’utilisation de l’armeur separé arme chargée pas tenue en main 135 euros……..
    quand tu vois ca on n’est pas rendu……
    les battues administratives font preuves de plus en plus d’inefficacité par rapport aux actions mise en place
    la traque affut pas prévu dans les schémas cynégétiques départementaux
    comment fait on ?
    laissons les choses faire redonnons aux agriculteurs de sdroits d’affut nocturnes
    tous les moyens doivent etre bons

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